[Humeur] Jour de confinement obligatoire 1 : un autre voyage qui commence …

Photo planète Terre

En ce mardi 17 mars 2020 démarre une période de confinement obligatoire pour une durée de 15 jours. Etant donné qu’il n’y aura pas d’article voyage à venir avant longtemps, j’avais envie de documenter sur ce blog, le début d’un autre voyage. Celui qui se déroule dans un monde confiné, où le corps enfermé va devoir laisser place à la créativité de l’esprit et au voyage intérieur. J’aimerais garder une trace de ce qu’il s’est passé cette semaine où tout est allé si vite.

Le 7 mars notre Président nous incitait à sortir , à continuer notre vie malgré le virus et les échos qui nous arrivaient d’Italie. La rumeur disait que ce n’était qu’une grippe, pas pire que ça. D’autres rumeurs nous disaient que non, et qu’il fallait nous préparer au pire. Vendredi 6 mars, Transavia a annulé notre aller en Sicile. Le Nord de l’Italie était déjà confiné, mais pas le Sud, et en France à priori, pas encore d’inquiétude majeure. Nous avons repris un billet auprès d’Easyjet. A ce moment, ma plus grande angoisse était de risquer de ne pas partir en voyage comme prévu.

Mardi 9 mars, nous sommes sortis au théâtre.  J’étais heureuse, je me sentais bien, j’étais optimiste. Ce jour là, je n’avais pas beaucoup regardé les réseaux sociaux, me débarrassant ainsi de l’angoisse sourde qui me polluait depuis plusieurs jours. Mon conjoint m’a alors annoncé que toute l’Italie était confinée, Sicile comprise. J’ai gardé le sourire. On a attendu le mail d’Easy Jet annulant notre vol. Il est arrivé le lendemain. On s’est brièvement demandé où partir, mais la plupart des pays fermaient leurs frontières, la situation instable et le risque de mise en quarantaine nous a fait renoncer. L’idée de partir quelque part en France nous a effleuré mais déjà, l’exemple Italien s’installait dans notre esprit. On a décidé de simplement reporter aux jours meilleurs.

Notre voyage était donc annulé. Mais comme beaucoup nous n’avons pas encore réalisé. Les rassemblements de plus de 1000 personnes ont été interdis. Puis de 100 personnes. Fermeture des écoles. Confinement dans les EPHAD. Les nouvelles décisions intervenaient tous les deux jours.

Au fond de nous, on savait tous ce qui allait arriver. De plus en plus de voix se sont élevées pour demander le confinement obligatoire. Samedi soir, la nouvelle tombe. Nous étions dans le Vexin. Tous les restaurants, les musées, les bars ferment leurs portes. Ce n’était donc plus qu’une question de temps. Nous avons pensé à aller chercher quelques affaires et à repartir à la campagne. Le dimanche 15 mars au réveil, à la pensée de rester enfermée à Paris, ma gorge s’est serrée, la boule au ventre s’est installée. Mais nous avons pris la décision de ne pas déserter. Les Parisiens ont été nombreux à ne pas prendre de précautions, se sont massés dans les trains et sont partis en région. J’avais une folle envie de faire pareil, mais dans mon cœur, je sentais que ce n’était pas la bonne chose à faire. Je ne blâme personne. Nous sommes tous humains. Et quand les consignes sont aussi peu claires et chaotiques, il ne faut pas s’étonner que certaines personnes prennent une situation dramatique à la légère.

Donc, nous sommes rentrés à Paris. Et on attendu, déjà confinés chez nous, l’annonce du Président. Il a été rassurant le Président. Et en même temps, il a annoncé 7 fois que nous étions en guerre. Une belle manière de nous faire accepter la restriction quasi totale de liberté. Le confinement obligatoire est annoncé pour le lendemain. Tous les déplacements sont réduits au strict minimum et il faudra être muni d’une attestation sur l’honneur. Nous avons même eu le droit à un petit sms du gouvernement dans la nuit.

Nous y sommes donc. La quarantaine commence officiellement dans quelques heures, à l’heure où j’écris. Officieusement elle a commencé dimanche pour nous. Alors que je m’apitoyais sur le sort des Chinois confinés à Wuhan, puis sur celui des Italiens, je n’aurais jamais imaginé que ce serait pareil en France. Quand le tour des Espagnols est venu, le déclic aussi. Impossible d’échapper à la situation présente.

Ce sont de longues journées dans un appartement Parisien sans balcon ni terrasse qui s’annoncent. Pas de voyage. Pas de verdure. De rares déplacements pour se ravitailler.  Pour autant, sur les réseaux sociaux, peu de plaintes concernant ce confinement. Et comme beaucoup, j’ai envie de ne voir que le positif dans cette histoire : notre solidarité  permettra aux soignants de continuer à faire leur incroyable travail et donc, de sauver des vies. Nous n’avons aucune visibilité sur l’avenir. Impossible de savoir quand la propagation du virus sera stoppée, ce sera sans doute quand assez de gens auront été infectés. Ou pas. En vérité, je crois que personne n’en sait rien.

Nous sommes dans les meilleurs dispositions pour réfléchir à nos actes. Repenser notre rapport aux animaux. A notre consommation. A nos plaisirs immédiats.

Pour ma part, je vais avoir besoin d’écrire. De lire. Et de méditer. J’ai envie de garder précisément en mémoire le déroulé d’une situation que je n’ai jamais vécu, moi qui n’ai connu que le confort, aucune guerre, aucune restriction d’aucune sorte. Nous commençons déjà tous à nous entraider, à nous envoyer de l’amour et du courage. Puissions-nous continuer comme ça. Oui, certains Américains achètent des armes en catastrophe. Moi j’ai vraiment envie de penser à l’humanité avec le plus de sérénité possible et de vibrer autrement.

Partageons.

Racontez-moi comment vous avez vécu ces dernières semaines ? Ce n’est peut être pas bon de tourner en boucle, mais il est bon de s’exprimer, d’extérioriser et de parler de nos ressentis.

Plein d’amour sur vous.  Gardez le cap. 

4 commentaires sur « [Humeur] Jour de confinement obligatoire 1 : un autre voyage qui commence … »

  1. Bonjour Aurore,
    Pour ma part, je vis bien ce confinement, car je fais partie des chanceux qui ont un jardin, ce qui me permet de prendre l air sans autorisation de sortie.. Je pense à tous ceux, qui comme toi, n ont ni jardin ni balcon et je vous envoie beaucoup d amour.
    Si l on regarde le bon côté des choses, ce confinement nous permet de nous recentrer sur nous et notre famille (qui vit sous le même toit), il permet aussi de pouvoir se reposer et donc de faire baisser le stress dû à un travail que nous n aimons pas forcément si nous ne pouvons plus aller travailler.
    Emmanuelle

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    1. Coucou Emma. Oui c’était un très bon choix de partir de Paris et de s’installer en Province. On l’a aussi compris mais un peu tard, on a commencé nos visites de maison de campagne samedi dernier. Mais pour l’heure je me mets au programme de méditer plus et de développer cette intuition qui nous aidera dans les mois à venir. Et effectivement, on va revoir notre manière de travailler. Je suis ravie d’avoir déjà fait cet exercice l’année dernière, et c’est un bon moment de continuer.
      Gros bisous à toi et à ta petite famille ❤

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  2. Bon courage pendant cette période assez délicate et surréaliste. J’ai encore du mal à réaliser ce qui se passe très sincèrement.

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